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Autos/Véhicules

De nouvelles centrales nucléaires pour répondre aux besoins des voitures électriques ?

Un article de « voiture propre » éclaire la situation, en voici quelques extraits.

Pour nombre de détracteurs, le développement de la voiture électrique impose la construction de nouveaux réacteurs nucléaires. Une idée déconstruite depuis par les acteurs de l’énergie eux-mêmes, RTE et EDF en tête.

Une vieille idée reçue, souvent relayée (notamment sur les réseaux sociaux) est que la voiture électrique va saturer le réseau électrique. Une fois mises en circulation par millions, beaucoup imaginent que les voitures électriques iront mettre à plat notre capacité de production d’énergie.
En conséquence, la France serait contrainte de construire de nouvelles centrales nucléaires.
Certains ajoutent qu’il faudra importer de l’étranger de l’électricité au bilan carbone moins favorable …

Tout ceci est totalement faux, et surtout, cette idée née depuis plus de dix ans se confronte à plusieurs études et rapports.

Une étude détruit l’intox

Le gestionnaire du Réseau de Transport Electrique (RTE) a enquêté en 2019 sur l’impact d’une électrification massive du parc automobile, et a déterminé qu’en 2035, à partir de deux évolutions du parc possibles (aujourd’hui constitué d’environ 40 millions de voitures).
Le parc de véhicules électriques (ou voitures rechargeables) pourrait représenter 11,7 millions (30 % du parc) en fourchette moyenne ou 15,6 millions (40 % du parc) en fourchette haute.

La demande en énergie par an serait respectivement seulement de 6 à 8 % de la consommation totale d’électricité en France, sur la base d’un total de 500 TWh.

En comparaison, Enedis disposait en 2018 de chiffres plus modérés, qui situait la consommation des véhicules rechargeables entre 2 à 5 % du total en France.

Tout le monde ne charge pas en même temps

Que se passerait-il si toutes ces voitures se rechargeaient en même temps ? La consommation instantanée en pointe hivernale grimperait de 60 % dans un scénario de recharge non pilotée.

En fait cette hypothèse n’est pas envisageable, voire absurde puisque toutes les voitures ne se brancheraient simultanément.
En utilisation quotidienne, une recharge par jour n’est pas la norme. La recharge ne se fait pas sur la totalité de la batterie (mais sur 85%), et la distance moyenne est « d’environ 35 à 40 km par jour », la batterie permettant donc « de réaliser l’équivalent d’une semaine de déplacements ».

Un utilisateur recharge une fois tous les 2-3 jours, et pas nécessairement aux mêmes heures.
D’ici 2035, les bornes seront en nombre suffisants et il sera possible de recharger en journée sur son lieu de travail, près des commerces sur bornes publiques. Les voitures électriques auront également un pilotage de la recharge (programmation en heure creuse par exemple).
Cette dernière pourra s’adapter en fonction du besoin, de la consommation du réseau et/ou des heures pleines/creuses. Avec ces outils, les pics de consommation seraient moins nombreux qu’avant.

Dans les années à venir, nous irons vers une consommation d’énergie inférieure à celle d’aujourd’hui

L’énergie nécessaire en 2035 pour la voiture électrique (40 TWh) ne signifie pas qu’en 2035, la France devra produire 40 TWh supplémentaires.
En effet, il faut considérer la demande future en énergie, sa diversification et sa décroissance avec l’amélioration de performance énergétique de l’habitat : la consommation en électricité pour le chauffage baissera drastiquement.
Par ailleurs, les produits électroménagers seront de moins en moins gourmands.

Le parc automobile stagne déjà, et une décroissance est attendue

Ce que l’on oublie, c’est qu’une voiture électrique ne va pas systématiquement remplacer une thermique.
Le nombre de voitures (40 millions) est déjà en stagnation depuis 10 ans et devrait décroître dans les années prochaines.

L’urbanisation de la société va évoluer, et les habitants abandonneront davantage leur voiture au profit de transports en commun, en petits ou longs trajets.
A cela s’ajoute le fort développement du télétravail, l’essor des nouveaux services d’autopartage, et le développement possible de la voiture autonome.

Vous pouvez consulter la vidéo de  « Automobile Propre » à partir du lien suivant.