UFC-QUE CHOISIR DE BOURGOIN JALLIEU

Environnement/Énergie, Logement/Immobilier, non classé

Diagnostics de Performance Énergétique : leur fiabilité fausse le marché immobilier !

Alors que la classe énergétique des maisons individuelles a un impact sur leur valeur immobilière, l’enquête de Que Choisir publiée dans le numéro de septembre 2017 prouve que les diagnostics de performance énergétique (DPE) manquent de fiabilité. Acquéreur ou vendeur, leurs erreurs font toujours une victime.

Méthodologie de l’enquête de Que Choisir

L’enquête a porté sur 5 constructions individuelles d’années de construction se situant entre 1970 à 1985,  dans différentes régions ou villes : Haute Loire, Montpellier, Île de France, Vosges et Nantes.
Chaque propriétaire a fait appel à 5 professionnels pour le diagnostic

Que de divergences et d’erreurs !

Une consommation d’énergie qui passe du simple au double, des émissions de gaz à effet de serre qui font le grand écart, les cinq diagnostiqueurs qui se sont succédé dans le pavillon d’Île-de-France  ont émis des avis vraiment divergents. Et les surprises ne s’arrêtent pas là. L’un y voit une chaudière au gaz naturel alors que les propriétaires se chauffent au fioul, un autre établit son rapport sur la base d’un appartement de 200 m2 alors qu’il s’agit d’une maison individuelle de 100 m2, un troisième mentionne un chauffe-eau électrique qui n’existe pas.

Des visites express pour la même habitation (20 à 30 mn), des durées de visite qui fluctuent d’1 h 15 à 3 H., des tarifs qui fluctuent de 85 à 160 €uros, voilà de quoi s’interroger !

Mais là où le bât blesse, c’est le classement des maisons qui fluctue systématiquement de 2 indices, voire 3 indices suivant les professionnels de diagnostic intervenus !

En matière de recommandations de travaux, l’autre volet exigé dans les DPE, ça ne va pas mieux.

Les principales déperditions d’énergie sont dues aux murs selon Agenda Diagnostics, qui leur attribue 35 % du total à Lille, mais Diagamter ne les juge responsables qu’à 17 %. Dans le premier cas, les propriétaires vont juger l’isolation des murs prioritaire, dans le second cas elle ne l’est pas. En Île-de-France, deux des cinq diagnostiqueurs n’ont même pas préconisé de VMC, alors que c’est le préalable indispensable aux travaux d’isolation qu’ils ont recommandés. Impossible, en effet, d’éviter la condensation et les moisissures sans VMC dans un logement isolé. On peut aussi citer Nantes, où les propositions de travaux sont si différentes qu’on en arrive à se demander si les diagnostiqueurs ont visité la même maison. Il y a également de quoi être perplexe à Pau, les uns conseillent d’isoler, les autres pas ! Certains ne savent même pas que les travaux d’économie d’énergie donnent droit à un crédit d’impôt de 30 %, ils l’indiquent à 15 %, voire à 26 % ou encore à 38 %. C’est tout aussi folklorique sur la prise en compte des énergies renouvelables. L’imposant poêle alsacien des Vosges a parfois été ramené au rang de vulgaire chauffage d’appoint qui n’apporte rien.

Cinq ans après notre précédente enquête sur les DPE, la situation ne s’est donc pas améliorée.

Bilan désastreux pour ce qui concerne l’impact des DPE sur le prix de vente des biens

Le Conseil supérieur du notariat vient de réactualiser l’étude en se basant sur les données des transactions effectuées en 2016. Sans surprise, elle confirme l’impact de la classe énergétique sur le prix de vente des maisons en province, à la hausse comme à la baisse. De même que la décote liée à la classe E, la surcote apportée par la classe C reste identique. La dévaluation due aux classes les plus énergivores, F et G, demeure importante, avec de gros écarts selon les régions.

Pour plus d’informations veuillez consulter l’article sur Que Choisir de septembre 2017.